A quoi çà sert d’apprendre ?

Le banquet d’Ajaccio - vendredi 16 juin 2017 - Espace Diamant à Ajaccio
[Conférence : voir référence en bas de page]

Le Banquet d’Ajaccio

À quoi ça sert d’apprendre ?

Nous voici maintenant au début d’une fiction dans le style du Banquet de Platon, où j’invite à ma table ceux qui ont contribué à mon livre La vraie vie à l’école : Fernand Cambon, Professeur agrégé d’allemand et traducteur ; Sigmund Freud ; Jacques Lacan ; Philippe Meirieu, pédagogue, Michel de Montaigne, philosophe et Maire de Bordeaux ; Jean-Luc Nancy, philosophe ; Daniel Pennac, professeur et écrivain ; Marcel Proust, Arthur Rimbaud ; Joseph Rossetto, Principal de collège à Bobigny ; Danièle Sallenave, écrivaine ; Paul Valéry, et Stefan Zweig.

Philippe Lacadée – Alors, s’ils posent cette question À quoi ça sert d’apprendre ? S’agit-il d’ une histoire de mauvaise volonté des élèves ou le refus des savoirs scolaires proposés ?

Philippe Meirieu – Ce n’est pas, ici, la bonne volonté ni même la volonté bonne des élèves ou des professeurs, qui est en cause, c’est l’écart qui se développe sans cesse entre la réalité concrète de la vie des adolescents et les savoirs scolaires. [1]

Philippe L. – Face à un monde qui n’a pas toujours su se rendre responsable de ce qu’il offrait à ses enfants, qui ne sait plus que leur promettre ni même quel futur leur proposer, les adolescents s’enferment dans leurs questions et dans une langue qui, parfois, les isole du savoir de l’Autre que trop souvent ils refusent en croyant afficher ainsi leur liberté.

Joseph Rossetto – Ils sont dans une insécurité langagiére.

Philippe M. – Ils se fabriquent une vie mentale qui, quoique douloureuse, leur sert de refuge.

Philippe L. – Ils souffrent de ce qu’ils vivent et ne parviennent plus à vivre qu’en souffrant. Beaucoup se trouvent assignés à une place qui les contraint à se nier eux-mêmes, à ne pas savoir ou vouloir affirmer leurs désirs alors qu’ils sont en pleine délicate transition.

Philippe M. – Je me demande si le collège pour les adolescents est encore un lieu possible et si oui comment le concevoir [2]. Qu’y a-t-il encore de vivant là-dedans qui puisse les concerner ? On voit les progrès qu’il nous reste à faire : pour faire de la vie avec de la mort… quand les adolescents croient que l’école ne sait faire que le contraire.

Philippe L. – Justement beaucoup trop pensent, croyant retrouver ainsi sans le savoir la formule d’Arthur Rimbaud, que leur vraie vie est ailleurs, que l’école est mortifére et n’apprend que des choses anciennes qui ne servent à rien.

Arthur Rimbaud, le rebelle, le Prince de l’adolescence, s’énerve et dit en criant – "Mais je n’ai jamais dit cela, j’ai dit La vraie vie est absente [3] et non pas ailleurs ! Et j’ai parlé plutôt des corps enseignants que du corps enseignant, pour faire entendre que tout dépend de comment ils enseignent avec leurs corps et leurs désirs.

Philippe L.La Vraie vie est donc bien là, dans les corps, à l’école.


1. Meirieu Ph., « L’adolescent au collège, est-ce possible ? », cf chapitre 13 de La vraie vie à l’école, Lacadée P., Éditions Michèle, 2013.
2. Meirieu Ph., ibid., p. 82.
3. Rimbaud A., « Une saison en enfer », « Délires », « Vierge Folle » , Œuvre-vie, Arléa, 1991, p. 422.


Sigmund Freud, lui aussi s’énerve – J’ai écrit que l’école ne doit pas revendiquer pour elle le côté impitoyable de la vie, elle se doit de vouloir être un lieu où l’on joue à la vie. [4]

Philippe L. – S’agit-il de jouer à la vie de l’esprit ?

Sigmund F. – Oui, l’enseignement doit donner envie de vivre et savoir offrir points d’appui et repères.

Arthur R. – C’est cela que l’école doit rendre possible pour chacun : trouver une langue, celle de la vraie vie de l’esprit, pour moi ce fut la poésie objective [5] et je n’ai jamais pu la loger dans le discours établi par l’école, d’où mon énoncé de la fin de ma poésie « Vagabonds » que vous Philippe L., répétez sans cesse : moi pressé de trouver le lieu et la formule. [6] Eh bien ça, je ne l’ai jamais trouvé à l’école.

Philippe L. – Ah ! Arthur, comme vous y allez vite, d’ailleurs beaucoup d’ados sont toujours comme vous pressés, pris par leur immédiateté de leur être, ils ne savent plus prendre le temps ; mais enfin je retiens en corps votre énoncé et je propose une école comme lieu où chacun pourrait trouver sa formule en vagabondant dans le savoir transmis, mais encore faut-il consentir à s’asseoir sur les bancs de l’école et non faire comme vous : se mettre au ban de l’école.

Paul Valéry, d’un ton sec – J’ai écrit dans ma conférence Le Bilan de l’intelligence [7] combien je récusais une conception du langage comme simple outil de communication, le réduisant à un code référentiel. Je répéte l’importance de la poésie et de la sonorité de la langue.

Philippe L. – Vous avez raison car l’enfant noue son corps vivant à la langue de l’Autre, et c’est là où s’établit sa grammaire pulsionnelle, et où son corps vivant devient le lieu de sa jouissance et de ses sensations immédiates, source d’inspiration de sa poésie objective, comme vous le dites si bien, Arthur.

Arthur R. – Oui, ce sont les sensations inédites : moi je fouaille la langue avec frénésie, [8] je m’encrapule le plus possible dans la langue et, pour preuve, je vous ai écrit les plus belles poésies, bien différentes de la mièvrerie de cette poésie subjective dans le style de Musset, toujours à parier sur un Autre idéal supposant Dieu, référent ultime, dont on me gavait à l’école.

Paul V. [9] – Notre culture pâtit de notre négligence dans l’éducation de la parole. Jamais la substance sonore de la poésie n’est donnée et démontrée aux enfants. On y contrôle l’orthographe, aux dépens de la véritable connaissance, c’est-à-dire de la sensation poétique. Je constate une débauche de mots et d’écritures. Et alors c’est notre sensibilité verbale qui en est émoussée, dégradée.

Jacques Lacan – Ah ! Valéry, comme j’y retrouve ce que j’enseigne à mes élèves, soit la substance de la jouissance, le motérialisme et lalangue comme point d’impact sur le corps dans l’entendu, bien avant d’en en avoir le sens, lalangue comme lieu de jouissance tout aussi bien.


4. Freud S., « Pour introduire la discussion sur le suicide », traduction Fernand Cambon , in La vraie vie à l’école, op, cit., p. 211.
5. Rimbaud, Arthur, « Lettres à Georges Izambard du 13 et 15 mai 1871 » , Œuvre-vie, Arléa, p. 183.
6. Rimbaud, Arthur, « Vagabonds », op cit., p. 349.
7. Valéry P., Le Bilan de l’intelligence (1936), Éditions Allia , 2011 .
8. Rimbaud A, « Lettre à Ernest Delahaye », op, cit., p. 458.
9. Valéry P., op cit., p. 51-55.


Philippe L. – Le langage s’use en nous, si, comme le disent Paul Valéry et Sigmund Freud., l’école ne devient pas le lieu où, dans une expérience d’éducation, on joue pas à la vie de l’esprit qui se véhicule dans la langue articulée à l’Autre du savoir.

Danièle Sallenave [10] – Nous vivons dans la langue, la langue prolonge notre corps dans le temps et dans l’espace, et ce peut être la source de la joie.

Michel de Montaigne [11] – On doit former l’intelligence en la mettant en mouvement, mouvement vers le savoir qui est dans l’Autre et qui est à prendre.

Jacques L. – Ah ! voilà notre guide éternel, Montaigne. Et oui, le savoir est à prendre et c’est pourquoi il est fait d’apprendre. Si Arthur dit Je est un Autre, moi je dis le lieu de l’Autre c’est le corps en tant que surface d’inscription. Oui c’est bien le corps qui répond par une sensation toujours inédite, comme l’écrit le poète, là où je parle moi d’événement de corps.

Philippe L. – Marcel Proust vous écrivez, vous, que le savoir comme jeu de l’esprit, comme vraie vie est dans l’Autre de la littérature comme corps à transmettre, quitte à s’y incorporer.

Marcel P. – La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c’est la littérature. Cette vie qui, en un sens, habite à chaque instant chez tous les hommes aussi bien que chez l’artiste. Mais ils ne la voient pas parce qu’ils ne cherchent pas à l’éclaircir. Et ainsi leur passé est encombré d’innombrables clichés qui restent inutiles parce que l’intelligence ne les a pas « développés ». Notre vie, comme celle des autres – le style pour l’écrivain, aussi bien que la couleur pour le peintre – est une question non de technique mais de vision.

Sigmund F. – J’ai écrit, dans « À propos de la psychologie du lycéen », [12] que ce qui trouble le comportement de l’élève et la violence qui s’en déduit dépend de ce qui s’est passé pour lui dans sa chambre, c’est-à-dire avec sa famille. Mais ce n’est pas pour cela qu’on doit les excuser : chaque sujet a une part de responsabilité sur laquelle on peut intervenir, soit sur cette part de jouissance en trop qui le déborde et dont il doit pouvoir rendre compte en son temps et avec ses mots bien à lui.

Philippe L. – Comment faire pour que les élèves se rendent responsables de ce qu’il agissent ou font à l’école et dont ils se réjouissent de façon nocive, pour arriver à ce qu’il se réjouissent tout autant de ce qui s’enseigne ?

Stefan Zweig – Cela s’est passé ainsi pour moi, je le dis dans Le monde d’hier,[13] je suis devenu un fanatique de la littérature, comme disait Arthur Rimbaud, une vraie frénésie, mais j’ai trouvé ce goût pour la poésie en dehors de l’école, dans un bar où on se réunissait entre amis pour écouter Hugo von Hofmannsthal dire à voix haute ses poésies de dix-sept ans, lui aussi, établissant hors lieu de l’école, mais tout près quand même, sa poésie objective.


10. Sallenave D., in Écrire c’est vivre, Éditions Michéle , 2016
11. Montaigne M., « Sur l’éducation des enfants », Essais, livre I, Honoré Champion Traductions, Paris, 1989, p. 172.
12.Freud S., « Psychologie du lycéen », cf traduction de F. Cambon dans le livre La vraie vie à l’école. op, cit., p. 206-210.
13. Zweig S, « L’école au siécle passé », Le monde d’hier, Les belles lettres , 2013.


Philippe L. – Le professeur ne doit pas lâcher, pour son élève, sur la façon de bien dire ce qu’il est et ce que il ressent afin de rompre l’isolement de la souffrance.

Michel de M. – De même il ne s’agit pas pour l’élève de lui faire répéter les mots de la leçon, mais qu’il puisse en dire le sens et la substance, le profit qu’il en aura fait non par le témoignage de sa mémoire mais par celui de sa vie. Mettre à profit sa curiosité naturelle, [14] telle est là voie du désir qui se met en marche toute seule.

Sigmund F. – Au moment du début de l’épanouissement de la vie sexuelle, on voit apparaître les débuts d’activité provoquée par la pulsion de recherche et de savoir.

Philippe L. – Donc, comme le disait Hegel, le vrai besoin spontané de l’enfant est d’apprendre car il est curieux.

Sigmund F. – Oui, et c’est pour cela que les éducateurs devraient aussi faire une analyse et à même leur corps pour bien saisir comment ils en sont affectés.

Philippe L. – Vous êtes radical Sigmund Freud !

Daniel Pennac [15] – Devenu professeur, j’ai vite compris que ce genre de problème ne se résout ni par l’empathie ni par la psychologie, ni par la sociologie, ni par la morale, mais que notre meilleure arme est la matière que nous enseignons.

Philippe L. – Cela implique-t-il de ne pas reculer devant la façon de parler des jeunes ?

Daniel P. – Absolument, il faut analyser avec eux « les pronoms impersonnels « y » ou « en » dans les phrases « je n’y arriverai jamais » ou « je m’en fous », car c’est une bonne façon d’initier un cancre à la grammaire, et surtout de repérer sa position subjective dans la langue.

Philippe L. – Comment peut-on prendre au sérieux tout ce qui vient de l’élève sans considérer le sujet qui s’exprime et trouver la juste mesure, celle qui permet d’établir pour lui les coordonnées vivantes nécessaires à la vie collective ? Comment fabriquer sa classe ?

Jean-Luc Nancy – Je souligne l’importance de la distinction des lieux et la nécessité d’éclairer ce qu’est un lieu d’instruction. C’est le lieu qui met en place et en ordre l’acquisition d’un savoir.[16] Mais un lieu d’instruction ne peut être vraiment instruit que s’il s’ordonne au trait commun du savoir, et s’il sait, par conséquent, qu’il n’y a pas, en toute rigueur, de savoir pour un seul ni de savoir par un seul.

Philippe L. – Bien sûr que le lieu d’instruction n’est pas un lieu de vie au sens courant qu’on donne à cette expression.

Jean-Luc N. – Bien qu’au contraire, on a tout fait pour qu’il soit séparé de la vie.

Philippe L. – L’idée de mon livre est de mettre en évidence que si le fait que la vie pénètre en ces lieux est contradictoire avec l’enseignement, il importe de faire entendre que la classe est pourtant le lieu où doit se jouer, voire se théâtraliser un jeu de la vie de l’esprit.


14. Montaigne M, op cit., p. 170.
15. Pennac D., Chagrin d’école , Gallimard.
16. Nancy J.-L., « Distinction des lieux », cf chapitre 14 de La vraie vie à l’école , op, cit., p. 69.


Jean-Luc N. – ll s’agit de l’instruction mais aussi de l’éducation. Educere, c’est conduire au-dehors, soit faire sortir d’un état pour ouvrir « la voie d’une sortie indéfinie. » Être éduqué, c’est ne pas cesser de l’être à nouveau, de sortir de ce qui a pu s’établir comme acquis. Cela se passe d’emblée et sans cesse non dans le lieu, mais dans la distinction des lieux.

Philippe L. – C’est ce qui oriente aussi mon livre, soit d’un lieu en distinguer, ou en discerner, un autre vers lequel quitter le premier afin que le mouvement de la vie trouve son chemin. C’est là le lieu de l’exercice d’un amour de savoir où le désir constitue lui-même le savoir.

Jean-Luc N. – Ne serait-ce pas là en soi une pédagogie, une interminable conduite de l’enfance hors d’elle-même ? [17]

Philippe L. – L’éducation ne doit-elle pas s’éduquer elle-même au savoir, de ce que ce savoir lui-même est la voie de la vie son propre désir, soit une école de la vraie vie du désir d’apprendre ?

Fernand Cambron – Je me souviens de mon ennui dans un lycée prestigieux de Paris, cela me mortifiait d’y enseigner, l’angoisse des élèves et des parents, plus soucieux de la réussite aux examens que de la vie de l’esprit, me pétrifiait et m’empêchait d’enseigner ce que j’aimais et à ma façon.

Philippe L. – Alors qu’avez-vous fait ?

Fernand C. – Je n’ai pas hésité à faire le pas pour ouvrir l’école à la vraie vie, celle ouverte vers l’Autre, celle de la langue plus d’évocation que de communication, mais cela n’a pas plu aux autorités. Alors, je décidai un jour de quitter mon poste et de le troquer contre une nomination dans un lycée secondaire, en banlieue. Certes, il y eut là comme une quasi-dimension de passage à l’acte. Mais je l’assumai. J’ai trouvé dans ce lycée mon compte, quelques satisfactions. Je me souviens alors de mes fantaisies d’enseignant. Je fabriquais des exercices vivants autour de textes réputés difficiles. Ainsi les élèves vivaient là, pour la plupart, une vraie expérience de transmission.[18]

Joseph R. – Je suis Principal du Collège Pierre Sémard à Bobigny et j’ai créé avec Philippe Lacadee un lieu de conversation inter-disciplinaire, [19] Le Conseil des enseignants, où les professeurs ont pu pendant dix ans venir témoigner des points d’impasses qu’ils rencontraient et être ainsi en mouvement vers une école fondée sur l’expérience. Ensuite, avec Philippe Troyon, on a inventé un lieu numérique, un site où chacun peut y déposer, voire trouver sa formule.[20]

Philippe L. – Oui, ils nous ont appris comment ils savent y faire avec leurs inventions ou leurs bricolages, et coment ils font l’expérience d’apprendre ce que nous ne supportons plus – la durée et le temps, comme vous le disiez si bien, Paul Valéry.


17. Nancy, J-L., ibid., p. 72.
18. Cambon, F., « De l’évaluation de l’enseignement », cf, chapitre 15, ibid., p. 86
19. Il s’agit de l’expérience du laboratoire de recherche interdisciplinaire du Collège Pierre Sémard à Bobigny : Le Conseil des enseignants, qui s’est déroulé pendant cinq ans, sous la responsabilité de Joseph Rossetto, Principal du Collège et de Philippe Lacadée, avec Ariane Chottin (psychologue clinicienne et écrivain) et Valérie Guidoux (écrivain qui à chacune des réunions de ce laboratoire a établi des comptes-rendus, sans lesquels ce travail n’aurait pu se faire).
C’est de cette expérience que le cinéaste Philippe Troyon a fait un film : Quelle classe, ma classe !, diffusé sur TV5 le 9 Janvier 2007.
20. « Une école de l’expérience », voir site Imaginen.


Texte à part
Philippe Lacadée : À quoi ça sert d’apprendre ?

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Conférence 16 juin : A quoi ça sert d’Apprendre ? par Philippe Lacadée

Vendredi 16 juin 2017 à 18h30
Entrée Libre

Dans le cadre de son cycle de conférences et débats, la Ville d’Ajaccio en partenariat avec le CAPE et l’ACF Restonica, propose une rencontre autour de la question : "A quoi ça sert d’apprendre ?" avec le Docteur Philippe Lacadée, psychiatre, psychanalyste et auteur de nombreux ouvrages qui font référence.

Son livre ‘La vraie vie à l’école, la psychanalyse à la rencontre des professeurs et de l’école" est issu d’une expérience de terrain, de la confrontation à cette question essentielle, très actuelle. Nos jeunes, en effet, nous interrogent sur ce point, à l’école, à la maison, dans les services spécialisés, où les difficultés scolaires, d’apprentissage ou de comportement, sont parmi les principaux motifs de consultation. Nombre d’élèves pensent que "leur vraie vie" est ailleurs qu’à l’école.
Proposition est faite à tous de réfléchir, ensemble, à de nouvelles façons de rendre le savoir désirable.

Ainsi, la conférence sera suivie d’une conversation entre le public, Philippe Lacadée et ses invités (Mr le Recteur-sous réserve, Jérôme Ferrari, Marie Josée Raybaud, Frederic Purschet etc….)
Selon les termes de Philippe Lacadée " Pour une école au coeur de la vie : plaisir d’apprendre et découverte de l’Autre. L’univers de l’école n’est pas organisé pour satisfaire directement les pulsions de l’enfant. Cela nourrit les tensions actuelles entre élèves et professeurs : agressivité, injures, absentéisme, marginalisation, repli sur soi, d’où l’importance de réfléchir avec les professeurs aux moyens de mettre en mouvement, pour chaque élève, son désir d’apprendre et de s’ouvrir à l’altérité. Que cache la violence à l’école ? Comment faire avec les élèves « difficiles » ? Pourquoi certains enfants n’aiment-ils pas l’école et n’y a t-il pas à prendre point d’appui de leurs erreurs ou échecs plutôt que de les stigmatiser ? Comment motiver les élèves ? Quand l’école peut-elle faire appel à la psychanalyse, qu’est-ce que cela peut apporter à un enfant ou aussi bien à l’enseignant ? etc. Il faut délivrer des connaissances et enseigner ce qu’est l’être humain ".

RENSEIGNEMENTS :
Direction de la culture / Espace Diamant
04 95 50 40 80 http://espace-diamant.ajaccio.fr


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Entretiens avec des auteurs et des chercheurs - Filmés par Philippe Troyon

Quelle classe, ma classe !
Un film documentaire de Philippe Troyon, au collège Pierre Sémard de Bobigny

Texte à part
Philippe Lacadée : À quoi ça sert d’apprendre ?

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et aussi la nouvelle édition du CIEN

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@photogrammes libres de droits provenant des films de Philippe Troyon - photo-montage : le banquet imaginé cf Ph.T // 2017