L’imaginaire pour exister : l’enfant déchiré

Serge Lebovici


SERGE LEBOVICI - psychanalyste
réalisation : Philippe Troyon

Entrer dans la déchirure émotionnelle de l’autre.

Serge Lebovici (10 juin 1915 à Paris - 11 août 2000 à Marvejols) est un psychiatre et psychanalyste. Il dirigea l’association psychanalytique internationale.

Serge Lebovici est né en 1915 dans une famille juive immigrée de Roumanie. Le père de Serge Lebovici fut déporté à Drancy puis à Auschwitz où il fut assassiné. En 1943 naît sa fille aînée, Marianne Lebovici. Après la Seconde Guerre mondiale, Serge Lebovici entreprend une cure psychanalytique avec Sacha Nacht et adhère au PCF (parti communiste français). Comme Gérard Lebovici, son cousin, Serge Lebovici suit des cours de théâtre au conservatoire de Saint-Germain et donne la réplique à Sylvia Bataille, future femme de Jacques Lacan. En 1953, il eut une deuxième fille, Élisabeth Lebovici, qui deviendra journaliste à Libération. Il entre à la SPP (Société psychanalytique de Paris), qui avait été interdite sous l’Occupation. Il en devient le directeur en 1962. Il préside l’Association Psychanalytique Internationale (IPA) de 1973 à 1977.

Lebovici s’intéresse à la psychanalyse des enfants ; il se résout à ne pas trancher dans la controverse théorique qui oppose Anna Freud à Melanie Klein. Il travailla à l’Hôpital Necker-Enfants malades mais s’occupe également d’adultes, il fut notamment le psychanalyste de Romain Gary. En 1949, le PCF demandant à ses membres psychiatres de condamner la psychanalyse, Serge Lebovici cède devant la pression de ses camarades avant de quitter le Parti au début des années cinquante, au moment du procès à Moscou des médecins juifs, appelé alors "le complot des blouses blanches". Il n’en fut pas moins critiqué au sein de la SPP, dans laquelle il eut aussi à combattre Jacques Lacan et Françoise Dolto.

Il est l’un des fondateurs, en France, du psychodrame analytique individuel.

Dans les années 1980, il fonde un service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent à l’Hôpital Avicenne à Bobigny, et il enseigna au sein de la faculté de Bobigny-Paris 13 en PCEM1 jusqu’en 2000, l’année de sa mort. Ses derniers travaux l’amènent à développer tout particulièrement la psychopathologie du bébé, la question des interactions précoces entre le bébé et ses partenaires, et celle de la transmission psychique entre les générations.