travail d’écriture #1 - le lundi 27 novembre 2017

de l’oralité à l’écriture ... comment passer d’une intention de filmer à la réalité ?

Salle de travail au Foyer de vie - Mas de Villepinte

Travaux d’écriture : de l’intention à la réalisation. Scénario du film du groupe O.D II.

avec Julien Pornet et Antoine Vaton

déroulé de la journée du 27 Novembre 2017

Participants :
Sylvie RABINEAU (Cheffe de service MAS) - Francine EUGENE (Aide soignante) - Hasan KILINC (Aide soignant) - Marion LANGLOIS (Monitrice éducatrice) - Georgina PETERS (Psychométricienne) - Maria PEAN (Monitrice éducatrice) - Isabelle CHEVRIER (AMP) - Noura CHERCHOUR(Monitrice éducatrice) - Laghdar BENLALA (Entretien technicien) - Christine VIRLOUVET (Monitrice éducatrice) - Agnes KINGOMBE (Aide soignante) - Makassi KEITA (Monitrice éducatrice)


LE MATIN 9h30 - 12h30 :

Discussion collective autour des idées proposées dans le document que l’équipe de l’observatoire nous avait envoyé la dernière fois. Choix d’une thématique/d’une idée de film. Définir les enjeux du film et approfondir ce que que l’équipe désire vraiment filmer.

Projection d’extraits du film « Si proche si loin » de Gautier Isambert pour aborder des problématiques pouvant libérer le processus d’écriture.


L’APRÈS-MIDI 14h00 - 17h00 :

Constitution de 2 groupes homogènes pour travailler en demi-groupe.

14h00- 15h30

TENIR LA CAMERA

Le GROUPE A fait un repérage filmé avec la caméra et le micro avec Antoine.
Chaque groupe fera quelques travellings dans les couloirs.

Chaque groupe filme un ou deux soins en fonction de l’emploi du temps du 27 (essayer d’anticiper ce qui pourrait être filmé : un soin ou une activité plutôt centrées avec un résident et un professionnel à chaque fois)

PARLER D’UNE EMOTION

Le GROUPE B s’est attelé avec Julien à affiner les idées du matin en documentant l’écriture au gré de discussions sonores enregistrées qui permettront de faire émerger des pistes concrètes d’écriture d’une note d’intention.

15h30-17h

Le GROUPE B rejoint Antoine pendant que le GROUPE A va avec Julien.

Philippe Troyon fera une intervention « scénario et philosophie » en une matinée ou une après-midi avec le groupe en 2018 après ces premiers travaux d’écriture avec Antoine et moi. Cela permettra d’élargir notre réflexion collective.


La première fois que j’ai rencontré une personne handicapée

Durant la matinée qui réunit les professionnels qui participent à l’observatoire documentaire, nous avions comme objectif de commencer à définir quels seraient les enjeux du film que nous envisageons de tourner. Nous nous sommes appuyés sur un texte écrit par les professionnels qui regroupait leurs idées de départ ; il y était notamment question de filmer la vision que les résidents ont des professionnels, de se mettre à la place des résidents pour comprendre comment ils perçoivent le travail des professionnels…

Nous avons tenté de les faire réfléchir un peu autrement, nous avons essayé de déporter leurs regards. La discussion a alors permis de réfléchir sur les différents type de regards qui sont portés sur les résidents. Notamment d’évoquer les regards lancés par des inconnus, à l’extérieur le plus souvent, sur les résidents et leur handicap.

Certains dans le groupe auraient d’ailleurs désiré filmer ces regards d’inconnus, coups d’oeil de crainte, inquisiteurs, désagréables pour que l’on comprenne juste de quoi il s’agit…

Comment montrer la personne au-delà de son handicap ? Nous avons ressenti au sein du groupe la volonté commune de proposer un regard qui rende toute leur humanité, aux résidents. La difficulté étant que la caméra est une loupe, un autre écueil étant d’omettre la réalité du travail des professionnels.

Afin de proposer au futur spectateur une place, les professionnels ont réfléchi à leur première fois, à leur première découverte des résidents, aux émotions qui les ont alors traversées et qui les traversent encore.

Nous avons ainsi réfléchi à des situations qui nous permettent de réaliser dans l’après-midi des essais filmés.

- Interroger deux stagiaires qui travaillent dans une des unités afin de recueillir leurs premiers sentiments et émotions à l’égard des résidents.

- Filmer une situation où les professionnels en chantant parviennent à entrer en empathie avec des résidents de la MAS en les faisant chanter et danser.

- Tenter des travellings en fauteuil roulant dans les couloirs, afin de provoquer des séquences qui rendent compte de l’ambiance du lieu et provoquent de l’inattendu.

- Filmer une situation de soin, le réveil de la sieste avec deux personnes de la MAS

On a coutume de dire que les situations se répètent ce qui est aussi le cas ici mais en revanche le comportement des résidents est toujours très difficile à imaginer.
Ainsi ce moment qui consistait à calmer une résidente en chantant avec elle a plutôt conduit la petite équipe de tournage à filmer une séquence qui nous montre deux professionnels qui incitent, voire qui forcent gentiment une personne à participer, sans succès… une première expérience de tournage qui prendra tout son sens quand nous la regarderons ensemble durant notre prochaine intervention.


CARNET DE NOTES - 1

Prise de notes de la journée de formation du 27/11/2017
[Georgina]

Idées autour du sujet du documentaire, réorganisé.

Ne pas montrer la pitié du handicap, car le regard extérieur peut être négatif. Plutôt leurs capacités, bonheur. Montrer les choses différemment que comme perçues de l’extérieur, ce qui sera notre enjeu et désir. Donc pour cela raconter d’abord le regard de l’extérieur ? Le point d’impact qui est la vue ? Le ressenti des résidents par rapport au regard de l’extérieur ?

Première rencontre avec le monde du handicap = notre base. Raconter l’évolution et comment le regard s’habitue. Le handicap vu en premier, la personne vue en second. Sentiment de blocage face à eux qui s’efface après. Expliquer ce qu’on ne voit plus de leur handicap, comment on a évolué. « Tu vas les trouver tous moches, mais après ils seront beaux. » Le regard extérieur dépend de notre regard, si nous on est bien, ça va influencer.

Interroger 3 personnes (débutant, moyen et vétéran de l’institution) qui parlent de leur regard sur les résidents. Résidents parlent aussi de leur expérience, trois pareils ?

Question du langage = verbal non verbal, à prendre en compte. Comment on adapte nos paroles, pour faire partir la peur de l’inconnu du regard de l’extérieur.

Clichés à contrecarrer, complexité à démontrer. Besoin de mettre du concret avec des scènes vraies en tant qu’exemple, qui accompagne le verbal des interviews (explications), sinon ça ne sera que des paroles vagues. Articulation entre situations et paroles.

Question de comment mettre le spectateur à la place du professionnel, alors que ceux-là n’ont pas la même sensibilité.

Situations qui pourraient modifier le regard :
• Anne l’ergothérapeute et ses chiens avec Haydar. Rencontre de deux mondes sans aprioris. Florence C. et son scotch -gui gui avec Lackdar. Chantal qui a besoin d’être cherché par les veilleurs le soir. Florence qui dit au revoir à répétition. Cherifa qui danse.

• Penser à connaitre les habitudes des résidents pour prévoir les moments à filmer.
• Penser aux mises en rapport entre les diverses scènes.
• Relation accompagnateur/résident en individuel. Faire ressortir les moments identifiés comme importants pour nous et pour les résidents, grands ou petits, toutes facettes : les moments doux comme les moments où ça va mal et où il faut entrer en communication au lieu de fuir. Voir la difficulté, la patience, le relais entre professionnels, la solidarité de l’équipe.

• Filmer l’entrée de l’institution. Première scène du film ?

• Verbalisation des professionnels : expliquer des scènes, en live, en même temps que de faire, où en interview super imposée.