Rencontre avec Mariana Otéro - 10 Septembre 2015

Rencontre avec la réalisatrice Mariana Otéro.
CINEMA JACQUES TATI - TREMBLAY EN FRANCE
MATIN : Projection - débat avec son film : « A ciel ouvert »
APRES-MIDI : Master Class avec le Groupe Observatoire du Foyer de vie Mas

Objectifs de la journée

Poursuite du travail avec l’équipe des Observatoires en présence de la réalisatrice
Mariana Otero. Nous remercions chaleureusement le cinéma Jacques Tati à
Tremblay-en-France et son équipe de nous accueillir.

Question de la distanciation entre la réalisatrice et les sujets filmés.

Sur la réalisatrice :

Mariana Otero, après des études de cinéma à l’IDHEC, elle se passionne pour le
documentaire. Elle réalise plusieurs dilms pour Arte dont La loi du collège qui
deviendra le premier feuilleton documentaire de la chaîne.

2013 : A Ciel Ouvert
2010 : Entre nos mains
2003 : Histoire d’un secret
1997 : Cette télévision est la vôtre
1994 : La loi du collège
1991 : Non-Lieux

Synopsis du film :

Alysson observe son corps avec méfiance.
Evanne s’étourdit jusqu’à la chute.
Amina ne parvient pas à faire sortir les mots de sa bouche.

À la frontière franco-belge, existe un lieu hors du commun qui prend en charge ces
enfants psychiquement et socialement en difficulté. Jour après jour, les adultes essaient de comprendre l’énigme que représente chacun d’eux et inventent, au cas par cas, sans jamais rien leur imposer, des solutions qui les aideront à vivre apaisés. Au fil de leurs histoires, « A ciel ouvert » nous ouvre à leur vision singulière du monde.


Déroulé de la journée

Cinéma Jacques Tati à Tremblay en France

Salle Playtime


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Matin

9h : Accueil – petit déjeuner
9h30 : début de la séance
présentation du projet et de son déroulement par Philippe Troyon
9h45 : diffusion du film
11h30 : rencontre et discussion avec la réalisatrice Mariana Otero
12h15 : fin de la séance

Après midi

14 h - 17h : Etude d’extraits du film avec l’équipe des Observatoires documentaires


Compte rendu de cette journée

Le public a été nombreux à venir ce jeudi ensoleillé. Il y a 90 spectateurs qui rassemblent à la fois les résidents du foyer de vie - mas, les résidents d’autres établissements environnants, les responsables de structures de santé, des parents, des tuteurs, des professionnelles, des élus, les agents du cinéma et l’équipe de l’éducation à l’image de Périphérie. Le cinéma Jacques Tati nous réserve un accueil à la fois efficace et chaleureux.

Cette projection n’était pas une « avant-première » ou une séance publique. Elle fait partie de la démarche « Mémoires de résidents » qui met au coeur du processus : le résident. C’est une séance de travail « à ciel ouvert ». Cette rencontre permet aux résidents de voir un film documentaire sur grand écran relatant une expérience cinématographique dans un autre centre « Le Courtil » accueillant des enfants psychotiques. Il nous a paru intéressant de confronter les résidents à un autre lieu, à une autre démarche de soins, à un autre regard.

Comme le dit Mariana Otéro, le Courtil est un lieu d’invention au quotidien, où on ne se pose pas la question de la « normalité ». Chaque enfant a une place, sa place.
Mariana a mené le débat en s’appuyant sur son expérience cinématographique tout à fait singulière et en s’intéressant aux diverses questions posées par les résidents. Il était également intéressant de dialoguer avec les professionnelles et les parents dans la salle à propos de la méthode de travail des professionnels du Courtil.

L’après-midi a été réservée aux professionnelles de l’Observatoire Documentaire du Foyer de Vie Mas. Avec Mariana Otéro, nous avons pu réfléchir plus en profondeur sur le travail cinématographique et sur l’apport du cinéma dans un lieu comme le nôtre. Nous avons procédé à l’analyse du film par « extraits ».

Deux grandes lignes se sont dégagées :
la caméra comme outil relationnel avec les enfants et les séquences permettant de comprendre progressivement des notions importantes de psychanalyse.

Il y a une générosité chez Mariana Otéro de ne pas laisser le spectateur « seul » (c’est souvent le cas du cinéma vérité), parmi ces enfants, ces lieux, ces cris, ces pleurs, cette souffrance, ces questionnements ... Elle nous fait vivre ce qu’elle-même s’est posée comme questions, les réponses qu’elle a obtenu et surtout le regard et l’écoute qu’elle a porté sur ces enfants.

Comme le dit le responsable du Courtil la caméra a servi à « rassembler » le corps de l’enfant psychotique qui a tendance a s’éparpiller.

Nous avons ensuite partagé nos expériences en évoquant notre travail sur la Mémoire du résident. Nous avons parlé du film documentaire réalisé collectivement « Vies d’ici, vues d’ici ».

Cette rencontre exceptionnelle, nous convainc de poursuivre notre travail autour du cinéma documentaire, comme outil relationnel et de médiation entre les résidents et les professionnels.

Une autre rencontre est prévue avec une autre réalisatrice, Sandrine Bonnaire qui a réalisée un magnifique film sur sa soeur handicapée : "Elle s’appelle Sabine ». Ce qui sera intéressant, c’est de partager une autre approche à la fois cinématographique mais également humaine.