la préparation au montage - dérushage collectif

Ce temps de lecture des images et des sons tournés par l’équipe est un temps de réflexion sur le travail effectué. Il demande une concentration intense et une capacité de choix. Les professionnelles sont dans la position de « réalisatrices ».

BILAN DU DERUSHAGE

Séance de travail du 20 Octobre 2017

Toute l’équipe est présente pour évoquer le ressenti de 20 heures de visionnage du tournage effectué en Mars 2017. Elles se sont organisées pour visionner ces rushes par type de séquences [entretiens - scènes de travail]. Cela a pris plusieurs semaines. Elles ont consignées toutes leurs remarques et leurs choix sur les feuilles de dérushages types.

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Julien Pornet, chef monteur, Philippe Troyon, réalisateur, intervenants principaux de cet Observatoire Documentaire, relisent les feuilles de dérushage avec l’équipe et font plusieurs tours de table pour comprendre si l’intention première du film a été respectée et ressentie lors du visionnage des rushes ou si quelque chose d’autre est apparu.

La thématique de « l’impact de la parole sur l’enfant » semble bien respecter le scénario original. Les entretiens avec les invités chercheurs [Maya Gratier et Alain Contrepois] et les professionnelles de la petite enfance [Elisa Bezault, Stéphanie Berda], les professionnelles de la crèche Anatole France, les parents, sont très bien. Les scènes de travail sont également très bien. Il va falloir faire un choix.

Le dérushage a permis justement de dégager ce qui parait essentiel et cohérent par rapport à la thématique choisie.

Les feuilles de dérushage sont relues avec Julien et Philippe. Un système de « notation » a été établi par les professionnelles [avec des croix] . Cette appropriation des images et des sons dans le moindre détail donne l’impression d’être une « somme » mais en fait va servir pour « argumenter » leur choix vis à vis de la personne qui va monter le film comme « premier spectateur » .

Elles sont dans la position de réalisatrices et d’auteures.

Et encore une fois, toutes les images et sons enregistrés sont des ARCHIVES, une MEMOIRE en puissance qui seront classés, conservés aux Archives Départementales de la Seine-Saint-Denis pour permettre à d’autres chercheurs de travailler sur ce corpus mémoriel important.

L’étape suivante :

Le montage va être effectué par Julien Pornet. Ce travail préparatoire lui permet déjà de recueillir les premières impressions et les premières intentions. Mais à son tour il va se retrouver seul devant ces 20 heures de rushes qu’il va visionner intégralement et classer dans son logiciel de montage [final cut 10]. A son tour, à l’aide des feuilles de dérushage de l’équipe, il va indexer et commenter chaque plan selon ses propres critères. Ce travail de relecture et d’analyse ne va pas servir à rien puisqu’il sera récupéré par les techniciens des archives départementales qui garderont précieusement ce cheminement de travail.

Il va y avoir un premier montage appelé « l’ours » (qui est une première ébauche de montage). Il sera visionné collectivement par toute l’équipe dans la salle de projection de travail à Périphérie. Elles réagiront à ce premier film et déjà une certaine émotion va se faire sentir. Mais il faut aller encore plus loin. Et c’est là que tout le travail de dérushage va prendre tout son sens. Comme l’équipe a vu tous les rushes, les professionnelles seront en mesure de faire une critique constructive de ce premier montage et de l’améliorer. C’est un temps fondamental dans le montage où on voit si le film « tient » sa thématique, tient sur la durée. C’est là qu’on comprend qu’un film documentaire, surtout collectif, ne se fait pas en quelques jours. Et c’est tant mieux !

Car l’Observatoire documentaire permet de faire la différence entre un film de communication, un reportage et un film documentaire. Les professionnelles de la crèche Anatole France font un film documentaire collectif qui sera une trace et un outil de réflexion permanent au bénéfice des futures auxiliaires, des chercheurs et des institutions.